« Réjouissez-vous car Il est proche »

En ce dimanche de Gaudete, nous sommes invités à nous réjouir car « la venue du Seigneur est proche » pour reprendre les paroles de saint Jacques. Cette certitude que nous avons, nous la puisons dans le mystère de Noël que l’Église s’apprête à célébrer. C’est parce que Jésus est venu dans le monde pour réaliser les promesses faites à Israël et portées par les prophètes que nous pouvons attendre dans une espérance, qui est plus qu’un simple espoir, sa venue dans la gloire. Et si nous pouvons nous réjouir que « le Juge [soit] à notre porte », c’est parce qu’il est venu pour nous sauver. Nous n’avons rien à craindre de la revanche de Dieu car Dieu ne vient pas pour se venger des hommes, mais il se fait homme pour nous venger du mal qui nous avait trompés en nous éloignant de lui, nous réduisant ainsi en esclavage. Là est la source de notre joie : nous savons que le mal n’aura pas le dernier mot, qu’il est déjà vaincu même si les échos de son pouvoir se font encore entendre, que toutes les souffrances du monde ne sont pas encore abolies.

Plus profondément encore, nous tirons notre joie de l’expérience mystérieuse mais ô combien  réelle, que dans cette attente parfois douloureuse de son retour, Jésus est à côté de nous pour nous aider à traverser les épreuves de l’existence. En venant en notre humanité, Dieu s’est fait proche de nous, Emmanuel, Dieu-avec-nous. Et il ne nous a pas abandonné au jour de l’Ascension. En remontant vers son Père, il a pu nous envoyer son Esprit pour nous donner part dès maintenant au Royaume. Jean Baptiste est le plus grand des prophètes parce que ses prédécesseurs ont annoncé la venue du Messie et que lui annonce l’inauguration du Royaume. Mais nous, baptisés, sommes plus grands que lui car les portes du Royaume nous sont ouvertes. Tous, par la force de notre baptême, nous avons reçu la dignité de prophète. Mais cette dignité est d’abord une responsabilité, celle d’annoncer la présence de Dieu parmi nous pour que les cœurs des hommes s’ouvrent et puissent rejoindre celui qui est déjà au milieu d’eux. N’oublions jamais que notre joie se doit d’être communicative !

Père Sébastien Violle