La prière, rendez-vous fidèle avec Dieu

La question de Jésus, aussi dure soit-elle à entendre, nous fait entrer au cœur de l’Évangile. Venant à la conclusion d’une parabole qui invite à la prière, elle nous fait découvrir la nécessité de prendre chaque jour le temps de parler à Dieu, de Lui dire nos attentes et de Le laisser les élever jusqu’à la hauteur de ce qu’Il a préparé pour nous.

La prière est alors le moment où l’on éprouve cette portée dramatique de la question que pose Jésus dans l’Évangile de ce dimanche. Elle fait entrer dans ce combat qui fait toute la vie de Jésus : susciter l’amour, la foi et l’espérance, pour qu’à son retour Il soit attendu.

La prière nous initie progressivement aux sentiments du Christ, qui se fait serviteur de tous, pour faire grandir en nous ce désir et cette capacité à vivre comme fils et fille de son Père.

Comme la veuve importune, savons-nous mettre le prix quand nous adressons au Père une prière ? Lorsque nous disons à Dieu notre détresse fondamentale d’être un pêcheur qui crie et implore sa grâce, lorsque nous exposons à Dieu la grande blessure du monde, de nos frères, que nous voyons chaque jour, enfin lorsque nous faisons nôtre la prière de Jésus pour l’accomplissement et la venue du règne de Dieu, savons-nous durer dans la prière, comme la veuve importune ? savons-nous surtout crier vers le Père, comme le publicain et le larron pêcheurs ?

La prière ne peut se contenter de flamber, elle doit durer. Elle ne saurait être intermittente. Elle doit tenir avec constance, avoir de l’épaisseur. Saint Paul dit aux Romains et à nous : « avec la joie de l’Espérance soyez constant dans l’épreuve, assidus à la prière. »

Les trois impératifs que Jésus nous propose sont des verbes évoquant l’initiative, l’activité, l’insistance. Au chapitre 11 de l’Evangile selon saint Luc Il dit  » frappez ! cherchez ! demandez ! « . Si tout est gratuit, parce que tout est grâce, le Seigneur se plaît à nous voir participer à la réception de toutes ses grâces.

Une vraie prière ne cesse jamais, et ne se décourage jamais, celui qui la pratique ne pourra faire l’économie de confesser qu’il est suspendu à la miséricorde de Dieu et sa prière se confondre à la longue avec cette attente humble, patiente, parfois vacillante.

La veuve dont parle Jésus, qui revient sans cesse casser la tête du juge inique, n’a plus d’autre solution de rechange que sa pauvre prière, elle qui n’a plus rien à perdre, mais elle a tout à gagner par sa prière dans laquelle elle met tout le poids de sa détresse. C’est pourquoi une telle prière, fait remarquer Jésus, ne peut manquer d’être exaucée.

Enfin, le premier signe de la foi, c’est la prière. Celle-ci est en effet l’affirmation que le déroulement des événements de notre vie obéit à une autre causalité que la simple causalité humaine, et qu’en toute chose et à tout moment, il y a quelqu’un qui veille sur les hommes et qui est prêt à répondre à leur appel ; la persévérance dans la prière nous ouvre un chemin de foi au Dieu vivant.

Nous n’avons qu’une espérance dans les maux innombrables du temps présent, celle de frapper par la prière, celle de croire et de graver dans nos cœurs la conviction que notre Père ne nous donne pas ce qu’Il sait ne pas nous convenir, ce que je désire, Il le sait bien, mais ce qui nous est profitable, Lui seul le sait.

Patrick-Charles Franqueville, Diacre